Quelque part au Vatican en mai 1508, un célèbre sculpteur venait d’accepter la lourde et inédite mission de décorer le plafond de la chapelle Sixtine en y peignant des fresques à personnages. Vivement critiqué et sous-estimé sur sa capacité à être à la hauteur d’une telle tâche, Michel-Ange achevait 4 ans plus tard ce qui deviendra le plus grand chef-d’œuvre de l’art de la Renaissance. Focus sur l’œuvre la plus populaire du sculpteur devenu peintre par la force des choses !

Commande de la fresque : Michelangelo ne voulait pas peindre !

Michelangelo di Lodovico avait 24 ans quand il a commencé à se faire connaître pour ses talents d’artiste du marbre avec des œuvres comme La Pieta (une statue de la Vierge Marie) et son imposant David. En 1503, le nouveau Pape JulesII qui fut nommé eut vent des prouesses du jeune Michel-Ange et lui demanda quelques années plus tard de se charger de la décoration du plafond de la fameuse chapelle Sixtine.

S’estimant sculpteur et non-peintre, Michel-Ange repoussa longtemps la proposition du souverain pontife de prendre sur lui une responsabilité dont il connaissait parfaitement les risques. C’est finalement grâce à l’intervention de son ami Giulinao da Sangallo que le jeune artiste accepte le 8 mai 1508 de signer le contrat proposé par le Pape.

Initialement, la commande prévoyait simplement la représentation des douze apôtres dans les pendentifs. Mais le jeune artiste juge cette idée trop pauvre et grâce à l’aide de plusieurs théologiens, il conçoit neuf scènes centrales qui seront finalement retenues pour orner le plafond de la chapelle Sixtine.

Réalisation de la fresque : un long périple entre ingéniosité et difficultés !

Pour obtenir la belle œuvre qu’on admire tous aujourd’hui, Michel-Ange a dû faire parler son ingéniosité et sa faculté d’adaptation dans des conditions particulièrement pénibles et des positions souvent inconfortables. L’artiste commence par faire remplacer l’échafaudage courbé de la chapelle pour le remplacer par une autre forme d’échafaudage plus simple et plus accessible.

Les travaux de réalisation débutent réellement le 10 mai 1508. Selon un élève de l’artiste, ce dernier aurait installé un filet de toile en dessous du nouvel échafaudage pour empêcher les gouttes de plâtre et de peinture salir le sol. La plus grande question qu’on se pose concernant la réalisation de la fresque, c’est de savoir dans quelle position l’artiste peignait. Un mythe assez répandu voudrait qu’il ait travaillé allongé sur le dos.

La réalité, c’est que le jeune artiste a dû travailler debout en peignant au-dessus de sa tête, les bras en l’air et la tête vers l’arrière. Il a d’ailleurs longtemps souffert de crampes, de spasmes et de maux de tête. Il rencontre d’autres nombreuses difficultés comme les nombreuses visites du Pape, les paiements partiels et des problèmes de santé. Le résultat n’en a été que plus phénoménal…

Une prouesse artistique magnifique, unique et emblématique !

Suite à 4 années d’ingéniosité, de travail acharné et de difficultés quotidiennes, Michel-Ange a finalement achevé la réalisation de la plus belle fresque du Vatican. Le thème central est d’ailleurs la Genèse, la création d’Adam étant la scène la plus emblématique.

De la Genèse jusqu’au jugement dernier, ce chef-d’œuvre de Michel-Ange vous plonge dans un autre monde en illustrant la Bible avec un réalisme et une précision déconcertante. L’iconographie de l’œuvre comprend les neuf scènes de la Genèse, les douze voyants, les Ignudi et les lunettes et pendentifs. Grande fierté de la communauté catholique, la chapelle Sixtine est unique et représente le lieu par excellence de l’action de l’Esprit-Saint. Près de 500 ans après son décès (18 février 1564), Michel-Ange continue de vivre dans les esprits à travers son œuvre unique ayant une renommée universelle.

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